Air n° 7 : Y a-t-il un cœur de jeune fille
Les jeunes filles ont peur des pirates.
|
Frédéric
Les jeunes filles
Frédéric
Les jeunes filles
Frédéric désespéré : Aucune ?
Oh, mes sœurs, vous êtes insensibles,
Les jeunes filles à part
Mabel |
Frederic
Girls
Frederic
Girls
Frederic in despair: Not one?
Oh, sisters, deaf to pity's name,
Girls aside
Mabel |
Conseils de direction musicale
Quelle belle aria ! C’est la combinaison parfaite entre le ridicule et le
sublime que nous adorons chez Gilbert & Sullivan. Je ne sais pas ce que
signifie cette ligne de basse chromatique souterraine au début de chaque
couplet, mais je l’adore. On dirait le craquement d’un immense navire !
Il y a quelques coquilles dans l’édition Schirmer, pensez à consulter la liste
d’errata mentionnée. Si vous avez un ténor exceptionnel, comme nous en avions
un, un petit effet de style sur le si bémol aigu est permis. Assurez‑vous que
les choristes féminines respectent bien leurs silences. La transition vers
l’entrée de Mabel est étonnamment délicate. Vous pouvez garder le même tempo
après la pause pour plus de clarté, mais j’ai trouvé qu’un léger accéléré
était nécessaire. La partition Schirmer ne l’indique pas, mais celle de Dover
oui : sur « pour être sourdes à la pitié », on fait généralement un léger
ralentissement, en insistant sur « LA pi‑tié ». Il est utile de revoir
attentivement les dernières lignes des jeunes filles pour la clarté, la
dynamique pianissimo et la cohésion d’ensemble.
Je voudrais souligner ici la première de plusieurs allusions à Verdi. L’entrée
de Mabel suggère que son aria fera référence à La Traviata, en citant
brièvement la transition de Violetta entre Ah, fors’ è lui et
Sempre libera :


Les Américains connaissaient bien Verdi, et La Traviata en particulier
était une œuvre phare pour le public lyrique américain. John Dizikes écrit
dans son livre Opera in America :
« Partout où Louis Gottschalk se produisait, ‘les dames prenaient possession
du théâtre dès que les affiches annonçaient Traviata.’ Max Maratzek
remarquait la même chose. À Philadelphie, Baltimore, Boston et La Havane, il
dirigea La Traviata d’innombrables fois devant des salles pleines de
femmes. Un critique tournait en dérision l’idée que les femmes étaient mises
en danger par la musique de Verdi et l’histoire de Dumas. La vie de Violetta
était‑elle ‘si fascinante et pleine de bonheur’, demandait‑il, ‘que la plupart
des jeunes auditrices du parterre risquaient d’être entraînées dans les
chemins de la débauche parisienne ?’ L’ironie était amusante, mais la
réaction du public ne l’était pas du tout. L’opéra provoquait ‘sanglots,
transports, exclamations à chaque catastrophe du drame.’ Les femmes
sympathisaient avec Violetta ‘comme si elle était une personne des plus
estimables et louables.’ Et bien sûr, elles le croyaient. »
La musique que Sullivan cite ici provient d’un moment emblématique d’un opéra
que tous les amateurs connaissaien et, dans son aria, Mabel rendra cette
référence encore plus explicite en citant à nouveau le développement de cette
phrase dans Sempre libera.
Quelle belle aria ! C’est la combinaison parfaite entre le ridicule et le sublime que nous adorons chez Gilbert & Sullivan. Je ne sais pas ce que signifie cette ligne de basse chromatique souterraine au début de chaque couplet, mais je l’adore. On dirait le craquement d’un immense navire ! Il y a quelques coquilles dans l’édition Schirmer, pensez à consulter la liste d’errata mentionnée. Si vous avez un ténor exceptionnel, comme nous en avions un, un petit effet de style sur le si bémol aigu est permis. Assurez‑vous que les choristes féminines respectent bien leurs silences. La transition vers l’entrée de Mabel est étonnamment délicate. Vous pouvez garder le même tempo après la pause pour plus de clarté, mais j’ai trouvé qu’un léger accéléré était nécessaire. La partition Schirmer ne l’indique pas, mais celle de Dover oui : sur « pour être sourdes à la pitié », on fait généralement un léger ralentissement, en insistant sur « LA pi‑tié ». Il est utile de revoir attentivement les dernières lignes des jeunes filles pour la clarté, la dynamique pianissimo et la cohésion d’ensemble.
Je voudrais souligner ici la première de plusieurs allusions à Verdi. L’entrée de Mabel suggère que son aria fera référence à La Traviata, en citant brièvement la transition de Violetta entre Ah, fors’ è lui et Sempre libera :


Les Américains connaissaient bien Verdi, et La Traviata en particulier était une œuvre phare pour le public lyrique américain. John Dizikes écrit dans son livre Opera in America :
« Partout où Louis Gottschalk se produisait, ‘les dames prenaient possession
du théâtre dès que les affiches annonçaient Traviata.’ Max Maratzek
remarquait la même chose. À Philadelphie, Baltimore, Boston et La Havane, il
dirigea La Traviata d’innombrables fois devant des salles pleines de
femmes. Un critique tournait en dérision l’idée que les femmes étaient mises
en danger par la musique de Verdi et l’histoire de Dumas. La vie de Violetta
était‑elle ‘si fascinante et pleine de bonheur’, demandait‑il, ‘que la plupart
des jeunes auditrices du parterre risquaient d’être entraînées dans les
chemins de la débauche parisienne ?’ L’ironie était amusante, mais la
réaction du public ne l’était pas du tout. L’opéra provoquait ‘sanglots,
transports, exclamations à chaque catastrophe du drame.’ Les femmes
sympathisaient avec Violetta ‘comme si elle était une personne des plus
estimables et louables.’ Et bien sûr, elles le croyaient. »
La musique que Sullivan cite ici provient d’un moment emblématique d’un opéra que tous les amateurs connaissaien et, dans son aria, Mabel rendra cette référence encore plus explicite en citant à nouveau le développement de cette phrase dans Sempre libera.
Le paragraphe intitulé « Conseils de direction musicale » est une traduction adaptée à la version française du livret d’un long et excellent article de Peter Hilliard, qui a dirigé de nombreuses œuvres de Gilbert & Sullivan et qui donne son analyse ainsi que de précieux conseils aux directeurs musicaux qui entreprendraient de diriger Les Pirates de Penzance.
Le texte adapté ici ne représente pas l’opinion de Peter Hilliard sur la version française.
Les conseils de Peter Hilliard concernent la version originale des Pirates de Penzance et sont accessibles sur son site : Gilbert and Sullivan’s The Pirates of Penzance: A Rough Guide for the M.D.).
Ceci est pour rendre hommage au travail remarquable de Peter Hilliard et à la générosité qu’il manifeste en mettant à disposition son analyse et ses conseils.
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