Ouverture
Comme pour la plupart des ouvertures de Sullivan, celle-ci n’a pas été composée par lui directement ; elle a été assemblée par son assistant et chef d’orchestre Alfred Cellier, apparemment sous l’œil attentif de Sullivan. Cellier est insuffisamment reconnu. Il a également écrit l’ouverture de H.M.S. Pinafore. C’était un homme calme sous pression, un excellent compositeur à part entière, qui a beaucoup appris de Sullivan au cours de sa carrière. Mais tout comme Sullivan était frustré de ne pas être pris plus au sérieux comme compositeur de musique de concert et d’opéra grand format, Cellier semble ne jamais avoir vraiment percé en tant que compositeur indépendant, malgré plus d’une douzaine d’opéras à son actif.
Cellier a terminé l’ouverture trois jours avant la première, et Cellier, Sullivan, le compositeur Frédéric Clay, et même Gilbert ont collaboré pour copier les parties pour les musiciens, terminant tout juste à temps, à 5 heures du matin le jour de la première.
La partition Dover complète signale certaines irrégularités dans le matériel d’orchestre, que je vous laisse explorer par vous-même, mais nous avons également découvert d’autres variantes qui ne sont pas mentionnées dans les annotations.
Variantes dans la caisse claire
Une variante à considérer est la partie de caisse claire deux mesures avant C. Les partitions IMSLP semblent indiquer un crescendo à cet endroit, ce qui est très idiomatique. (Une des partitions ne comporte pas le crescendo, mais contient les indications de nuances, ce qui montre clairement qu’il s’agit d’un oubli.) La partition Dover, quant à elle, indique un decrescendo. Il n’y a pas non plus beaucoup de cohérence dans les enregistrements disponibles.
- 1957 – Isidore Godfrey : caisse claire en decrescendo
- 1961 – Malcolm Sargent : caisse claire en decrescendo
- 1968 – Isidore Godfrey : caisse claire en crescendo, puis decrescendo
- 1990 – John Pryce Jones : caisse claire en crescendo
Le manuscrit original indique clairement un decrescendo :
Le solo de hautbois
Engagez le meilleur hautboïste possible, et laissez-le s’exprimer pleinement dans la cadence, en amenant les clarinettes et le basson sous la mesure 74 pour inaugurer ce qui est sans doute l’un des plus beaux solos de hautbois chez Gilbert et Sullivan. (Et ce n’est pas peu dire.)
Erreurs dans les parties de cor
Il y a quelques erreurs dans la partie de cor dans la version Kalmus, ainsi que dans les parties disponibles sur IMSLP qui lui correspondent. La première erreur se trouve juste avant la lettre A. La seconde est entre les lettres F et G (F étant l’Allegro vivace après le passage en 3/4).
Je joins ici des pages corrigées pour remplacer celles erronées dans les parties IMSLP :
Cinq mesures avant la lettre J, la partition Dover place le second cor sur un La de concert, que j’ai essayé et préféré, car il correspond à ce que fait la ligne de basse. L’autre option est également logique. Aucune des partitions sur IMSLP ne s’accorde avec Dover sur cette variante, mais la partition Dover suit le manuscrit.
L’accord quatre mesures avant J est particulièrement audacieux, et il peut être judicieux de mettre en valeur la mélodie tout en atténuant l’accompagnement à ce moment-là.
Divergences flûte / premier violon
Il existe également une divergence entre la flûte et le premier violon à la mesure 174 dans certaines versions de la partition et des parties (y compris Dover). D’après ma lecture du manuscrit, la dernière note de la mesure dans le premier violon devrait être un Si, et non un Ré.
Le crescendo « à la Rossini »
Observez le petit crescendo à la Rossini de la lettre L à la lettre N, et savourez l’usage subtil des percussions par Cellier. Si quelqu’un veut apprendre à écrire pour les cymbales et les grosses caisses avec le meilleur goût possible, il s’agit là d’un véritable cours magistral.
Ce texte est la traduction d’un extrait d’un long et excellent article de Peter Hilliard, qui a dirigé de nombreuses œuvres de Gilbert & Sullivan et qui donne son analyse ainsi que de précieux conseils aux directeurs musicaux qui entreprendraient de diriger Les Pirates de Penzance : Gilbert and Sullivan’s The Pirates of Penzance: A Rough Guide for the M.D.)
Ceci est pour rendre hommage au travail remarquable de Peter Hilliard et à la générosité qu’il manifeste en mettant à disposition son analyse et ses conseils.
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